Architecture de St-Clément

La nef

Le visiteur qui pénètre dans la nef est tout de suite charmé par l'harmonie de ses lignes architecturales. Un contemporain de la construction nous la décrit avec enthousiasme : « La voûte centrale, haute de plus de 25 mètres, est de plan barlong : chaque travée forme un rectangle architecturesous lequel se croisent, à angle aigu, les arcs ogifs qui portent les voûtaises. De puissants arcs-doubleaux enjambent la largeur de la nef et limitent les travées. C'est le système de voûtement qui va commander tout le reste. » Aux quatre coins de chaque travée un faisceau de colonnes reçoit les arcs sur sa tête ornée sur son chapiteau et en soutient fermement la pesanteur. Les colonnes descendent noblement jusqu'à la base sans brisure ni ornement. Dans leur descente, elles ont franchi la galerie du triforium très élégant bien qu'aveugle. Elles ont franchi de même les corniches qui soulignent le triforium tout autour de la haute nef et qu'on a partout ornées d'un feuillage abondant, et elles se sont unies aux piliers ou aux colonnes qui soutiennent les grands arcs du rez-de-chaussée et à la retombée des voûtes latérales. L'ensemble de ces lignes est d'une logique impeccable et d'un aspect des plus gracieux. La flore des chapiteaux est imitée de celle du XIII siècle, feuillage abondant et varié, avec tiges annonçant les volutes. Les fenêtres sont de style à lancettes.

La chaire

architecture Continuons la visite en avançant dans l4allée centrale vers l4autel, nous passons devant la chaire (1864), oeuvre du sculpteur Amédée Ménard, un peu grandiloquente selon le goût du temps, elle est remarquable par la qualité de la sculpture des trois personnages et des draperies des escaliers ; cette chaire à prêcher est elle-même une prédication sur la parole de Dieu : « Après avoir parlé à nos pères par les prophètes, dieu, dans ces temps qui sont les derniers, nous a parlé par son fils, par qui aussi il a créé les mondes » (début de la lettre aux Hébreux).
architecture En bas Moïse tenant le tables de la loi... à gauche le roi Salomon, représentant les sages d'Israël... à droite, Isaïe, représentant les prophètes. « Cieux écoutez ma voix : Terre prête l'oreille, car le seigneur a parlé... » Sous l'abat-voix le Christ enseignant... Autour de la tribune, les quatre évangélistes... en haut, les anges du jugement et la gloire du Seigneur.

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Le maître-autel :

Nous arrivons devant le maître-autel précédé d'un beau plancher marqueté. Ce maître-autel en marbre blanc d'Italie avec colonnes de couleur en marbre incarnat du Languedoc, fut exécuté en 1874. Il est surmonté d'une flèche rappelant le clocher sous les clochetons latéraux les statues de Saint Clément et de Saint André, de « Grootaers ». Au-dessus de l'autel de chaque côté du tabernacle, une frise peinte nous montre Abel, Isaac, Melchisedech, Saint Jean-Baptiste, Saint Pierre, Saints Donatien et Rogatien, Saint Antoine et Sainte Marguerite.

Les orgues :

architecture Derrière l'autel, Les Orgues (maison Debierre, 1891) restaurées en 1978. Le Grand Orgue de l'église Saint-Clément fut commandé à la manufacture nantaise Debierre le 3 mai 1892, il fut livré et réceptionné le 1er mai 1893. Cet orgue de Louis Debierre venait remplacer un orgue de A. Cavaillé Coll en 1867 qui fut transféré au collège Saint-Stanislas de Nantes en 1893. A l'origine, l'orgue Debierre était un instrument de 29 jeux. Durant la construction de cet orgue, la maison Debierre prêta à la paroisse Saint-Clément un polyphone. Il a ensuite été acquis par la paroisse de Campbon en Loire Atlantique.
Après 75 de service, une restauration s'imposait. En 1978, la maison Beuchet électrifie l'instrument et restructure la composition. L'ancien sommier du Grand Orgue est maintenant réparti dans chacun des deux buffets. La tuyauterie est alors décalée, les dents grattées dans leur ensemble ; quelques jeux sont coupés au ton. En 1993, Yves Sévère restaure l'instrument après des travaux effectués dans l'église. L'harmonisation est confiée à Bernard Hurvy. L'orgue est scindé en deux buffets symétriques placés dans les arcatures latérales du choeur, derrière l'autel. Ces deux unités sont bien distinctes et constituent deux centres d'émissions de sons. Ces buffets sont suspendues à trois mètres du sol, les tuyaux de montre sont recouverts d'un verni or, agrémentés de décorations polychromes style XV-XVIe siècle.

Les transepts :

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Regardons dans le transept gauche l'autel de Saint Joseph (sculptures de Potet), dans le transept droit l'autel du Sacré-Coeur, statues de Sainte Jeanne d'Arc et de Sainte Marguerite du sculpteur Vallet. Faisons le tour du maître-autel par le déambulatoire, jusqu'à la chapelle du Saint-Sacrement... Au-dessus du tabernacle, la statue de Notre-Dame de Toutes Grâces (XV°-XVIe siècles) retrouvée dans un grenier après une longue période d'oubli. Les vitraux représentent des scènes de la passion, cette chapelle était autrefois dédiée à Notre Dame des Sept Douleurs. Il nous faut remarquer également le très beau Christ en bois situé désormais à droite de l'autel du Saint Sacrement.

Les vitraux :

architecture En revenant au milieu de l'église, regardons les vitraux bien colorés... Au-dessus du maître-autel, six verrières représentent de gauche à droite des scènes de la vie de Saint André, Saint Pierre, Saint Clément (au milieu), Saint Jean-Baptiste, Saint Benoît de Massérac.

Dans les deux transepts, les vitraux représentent des scènes de l'Evangile. En regardant vers l'entrée de l'église, une rosace (images bibliques des litanies de la Sainte Vierge)... dans la tribune, le Christ en croix et Saint Clément faisant jaillir une source.

Descendons vers l'entrée par le bas-côté à notre droite : les vitraux avec des scènes de la vie de Saint Louis, Saint Paul et Saint Pierre.

Remontons par le bas-côté opposé : les vitraux de Saint Charles Borromée, saint Clair, Saint Jean (derrière la chaire).

Nous sommes passés devant la chapelle des fonts baptismaux où se trouvent l'ancien maître-autel de style Empire, un Christ sur toile (école de Delacroix), les fonts en marbre des Pyrénées.

Observons les chapelles où se trouvent des autels du XVIIIe siècle... Ils proviennent de l'ancienne maison des prêtres de Saint Clément, fondée en 1673, qui fut jusqu'à la révolution maison de missionnaires et pendant quelques temps séminaire. Le Père de Montfort y passa un an. Après la révolution, les Ursulines en firent un collège jusqu'à leur expulsion en 1906. L'état y installa alors les sapeurs pompiers et ces autels furent placés à Saint Clément. Avant de sortir de ce merveilleux édifice religieux du XIXe siècle, il nous faut remarquer le très beau Christ en bois situé désormais près de l'autel du Saint Sacrement.

Le parvis :

A l'extérieur, sur le parvis, nous pouvons admirer la façade sculptée avec une splendide statue de la Vierge et de l'Enfant Jésus. En prenant un peu de recul, nous apercevons la flèche qui culmine à 80 mètres de hauteur dans le ciel nantais. Toujours à l'extérieur, l'abside ou le chevet avec ses arcs-boutants et ses pinacles, travail considérable dans l'architecture à la gloire de Dieu et des hommes, nos ancêtres, qui par leur courage, leur talent et leur grande foi religieuse ont su nous monter qu'avec peu de moyens, ils ont bâti un édifice religieux de style néogothique la plus ancienne église du XIXe siècle de la ville de Nantes.

Ces pages reprennent pour l'essentiel la plaquette parue en 1999, disponible au presbytère.

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