SAINT ANDRÉ

Pourquoi a-t-on réuni dans une même dévotion saint Clément et l'apôtre saint André ? La réponse est à chercher au VIè siècle. A cette époque un monastère Saint-André, disparu depuis longtemps, se situait près du cours appelé aujourd'hui Saint-André.

Chapelle Saint-André - Prieuré Saint-Clément

Voici ce que nous en dit le Chanoine Jarnoux :

Dès le début du cinquième siècle, fut construit sur la lande assez peu fréquentée, qui séparait la ville de Nantes du « Burgum de Saint-Donatien », un sanctuaire bien modeste, et cela, avant même que soit, entrepris par saint Félix, évêque de Nantes, l'achèvement de sa cathédrale: Saint André En écrivant ceci, le voyageur avisé qu'était, au XVIIè siècle, Dubuisson-Aubenay, reprenait à son compte l'histoire de la chapelle. «La chapelle de Saint-André-sur-Erdre, écrivait-il, fut bâtie par Léon, évêque de Nantes, l'an du salut 409, pour y mettre des reliques de l'apôtre saint André, lesquelles il avait rapportées de Grèce, son pays d'origine. Etant décédé, l'an 445, le 11 octobre, il y fut enterré... ». Et il ajoutait encore... « l'édifice nous paraît restreint : il est sans doute un reste d'un plus grand vaisseau. On y trouve tout près un pan d'une très antique muraille, semblable à celle qu'on rencontre près du couvent des Cordeliers, qui date du Vè siècle. Cette chapelle était desservie jadis par des religieux... »

Ce sanctuaire, qui fut l'un des premiers bâtis à Nantes, se trouvait sur le bas-chemin, qui se prolongeait vers celui de Coudray (rue du préfet Bonnefoy actuelle) dans la partie nord de la paroisse de Saint-Clément; il avait été construit sur les bords de l'Erdre, affirme la tradition, pour venir en aide spirituellement à une colonie de pêcheurs, qui jetaient leurs filets chaque jour dans la rivière pour gagner leur vie et qui vivaient pauvrement, mais aussi chrétiennement.

En l'année 490, l'évêque de Nantes, Cérunius, fonda non loin de cette chapelle, sous l'invocation de « Monsieur Saint-Clément », un prieuré situé sur le sommet de la colline dominant Saint-André. Saint André Le nom de Saint-Clément, à partir de cette date, sera donné à tout ce quartier pour ne plus le perdre. Soixante ans plus tard, c'est l'époque où saint Félix, l'un des prélats les plus illustres de l'épiscopat nantais, achevait, au dire de Fortunat, son ami, évêque lui-même de Poitiers, l'une des plus belles églises de France pour être sa cathédrale. Issu d'une famille noble d'Aquitaine, il dut recevoir une éducation soignée, car, à cette époque, les évêques étaient non seulement des pasteurs dans leurs diocèses, mais souvent aussi les gouverneurs civils des cités.

Certes, Félix n'oubliait pas pour autant les intérêts spirituels de ses diocésains, bien au contraire; mais il fit aussi figure d'un administrateur habile. Le roi de France, Clotaire, en 560, venait de s'emparer de Nantes, où il confirma l'évêque dans le gouvernement civil de la Cité. Le faubourg Saint-Clément allait naturellement entrer dans les gigantesques travaux qu'il devait entreprendre. Au sud, ce faubourg était limité par le Seil, une petite rivière qui, prenant sa source vers Sainte-Luce, traversait la prairie de Mauves et venait épancher son trop-plein au pied de la ville de Nantes dans un marais fangeux. Pour y remédier, Félix entreprit d'aller chercher les eaux de la Loire pour rendre ce quartier plus salubre: il en fit un cours d'eau navigable, et le faubourg de Richebourg, grâce à lui, put accueillir sur un quai les bateaux de commerce qui sillonnaient le fleuve. Le canal Saint-Félix est de nos jours encore bien connu des Nantais.

 

Ce qu'il avait réalisé au sud du faubourg Saint-Clément, il devait, avant de mourir en 582, l'entreprendre dans le nord, et faire de l'Erdre, en creusant son lit, une rivière navigable. La Chaussée de Barbin fut son oeuvre: le quartier de Saint-Clément prenait ainsi un nouveau visage. Nous ne savons rien de bien précis sur l'histoire de ce faubourg dans les siècles qui suivirent. Si la ville de Nantes fut en partie détruite par l'invasion des Barbares du Nord, vers le IXè siècle, sans doute les prieurés de Saint-André et de Saint-Clément durent en souffrir : mais, loin de se laisser abattre par l'épreuve, les gens de Saint-Clément remercièrent Dieu de les avoir gardés en vie et relevèrent au plus vite leurs monuments religieux. En l'année 897, nous voyons Alain Barbe-Torte»... donner à l'évêque de Nantes, Foucher, la chapelle du bienheureux André, construite hors des murs de la ville.. pour l'entretien de son chapitre et les salaires de ses serviteurs... »

Saint André En 1096, nous avons la certitude, que la vie religieuse avait repris dans ce faubourg de Nantes, car... « Benoît de Cornouailles, évêque de Nantes, fut nommé juge avec Aimar, légat du Saint-Père, pour régler un différend survenu entre les moines de Saint-Aubin d'Angers et ceux de Vendôme, au sujet du prieuré de Saint-Clément». Le tribunal adjugea cette maison aux religieux de Vendôme, et nous apprenons par ce même règlement que ce prieuré dépendait de l'abbaye Saint-André, «abbaye de femmes» située sur la paroisse. Ne voyons-nous pas les religieuses du Ronceray d'Angers jouir du même privilège dans la paroisse voisine Saint-Cyr et Sainte-Julitte.

Le prieur de Saint-Clément avait à desservir, pour les moines de Vendôme, un modeste sanctuaire, qui fut détruit en 1227 par le fougueux duc de Bretagne, Pierre de Dreux, dit Mauclerc, alors qu'il était en guerre avec l'évêque Clément de Nantes pour une question d'expropriation de terrain... On avait élevé, aux abords de la ville de Nantes, une chapelle, celle d'un hôpital, pour obéir aux ordres de concile de Nicée, qui formulait que dans chaque cité et en dehors des remparts, soit bâti un hospice destiné aux voyageurs, aux malades et aux pauvres. Signalons au passage que ces maisons charitables étaient souvent vouées à Saint-Clément. Où était placé ce sanctuaire? Non loin de la porte de Saint-Pierre. En 1227, le premier duc de la maison de Dreux, voulant reconstruire totalement et puissamment les fortifications de la ville de Nantes, n'hésita pas à détruire l'église de Saint-Clément qui le gênait dans ses projets.

On dut, par la suite, choisir un nouvel emplacement et reconstruire une nouvelle église, car le chemin de Paris, qui est l'actuelle rue Saint-Clément, s'était bâti abondamment. On arrêta un terrain qui était libre, là où se trouve l'église actuelle. Elle fut orientée selon la règle obligatoire d'alors; de l'orient à l'occident. La rue Lorette de la Refoulais n'existait pas et on pouvait employer aisément cet emplacement. L'église était rectangulaire et occupait le terre-plein planté de bornes de granit, qui se trouve devant la façade de l'église d'aujourd'hui. Composée d'une nef unique, elle se verra adjoindre deux nefs latérales pour l'agrandir. Pour construire la nef latérale du nord, on devra empiéter sur le chemin de Paris; quant à celle du sud, elle se trouvait sous le clocher actuel de l'église. Telle quelle, cette église pouvait contenir un millier de personnes: elle était pourvue d'un chapiteau, sous lequel on se réfugiait en attendant l'ouverture des portes: c'est là aussi que se tenait le conseil de paroisse. Un clocher pointu, couvert d'ardoises, s'élevait au dessus du toit et, près de l'église, se trouvait la maison presbytérale.

Cette église fut confiée au début aux moines de Vendôme et plus tard à des prêtres diocésains. L'historien Ogée, nous affirme « qu'en 1436, ce sanctuaire fut offert à un ecclésiastique, qui n'était pas encore dans les ordres; pour remédier à cet état de chose, le Doyen du Chapitre de la cathédrale et l'Archidiacre de Nantes firent desservir ce lieu de culte à leurs frais, mais perçurent en retour tous les revenus, qu'aurait dû recevoir le recteur encore sans pouvoir. » Saint André Au cours des âges, la chapelle Saint-André fut confiée à un chapelain désigné par l'évêque du diocèse. En attendant sa sécularisation opérée au moment de la Révolution, elle sera reconstruite vers 1766. C'est ce qu'atteste une pierre dédicacée, qui fut mise à jour en 1922. Cette pierre porte en latin l'inscription suivante... « A la plus grande gloire de Dieu, cette chapelle élevée en l'honneur de Saint-André, apôtre, et tombée de vieillesse, depuis quelques années, a été relevée par M. Jean Fontreaux, recteur de cette paroisse. Il en a posé la première pierre le 9 mai 1766, et les travaux ont été dirigés par M. Parraudeau, architecte.» Précieuse inscription qui nous signale la ruine de la chapelle et sa reconstruction par le curé de Saint-Clément, de qui elle dépendait à cette époque... Magasin, étable, atelier, fourneau municipal, la pauvre chapelle désaffectée fut tout cela après la Révolution, mais resta toutefois jusqu'en 1922 un enfeu vénérable. Des fouilles furent faites par le propriétaire de l'immeuble et, sous le carrelage de la chapelle qu'il voulait réparer, il découvrit dix-huit sarcophages mérovingiens disposés au gré des disponibilités du terrain. Les uns étaient sans ornementations, les autres portaient la croix dite Trinitaire, ou des stries qu'on qualifiait encore de « feuilles de fougère ». Ces tombeaux remontaient au VIè ou au VIIè siècle; ils furent vidés de leurs ossements et transportés au musée lapidaire de la place Saint-Jean à Nantes.

 

(Les anciennes paroisses de Nantes hors de la Cité)

 

Saint André était de Bethsaïde en Galilée, sur les bords du lac de Tibériade. Avec son frère Pierre, il vivait de la pêche. C'était un assoiffé de Dieu. Il avait entendu la prédication de Jean le Baptiste, avait sans doute reçu son baptême de pénitence et était devenu l'un de ses disciples. Il avait su discerner l'exacte mission de Jean. Aussi, quand il l'entendit désigner Jésus : " Voici l'agneau de Dieu ", il le suivit pour ne plus le quitter. Dès cet appel, André devient apôtre, avant même d'en avoir reçu le titre. Il rencontre son frère Pierre et l'amène à Jésus. Il est l'homme qui sait nouer des contacts. Lors de la multiplication des pains, c'est André qui amène le jeune garçon portant ses cinq pains et ses deux poissons. Quand des Grecs veulent rencontrer Jésus, c'est à lui qu'ils s'adressent tout naturellement. Des sources tardives font état de son supplice à Patras en Grèce. Au 4ème siècle, ses reliques furent transférées à Constantinople. Une importante relique, qui avait été déposée au 15ème siècle au Vatican, fut restituée en 1966 aux Orientaux en signe de la volonté de communion entre l'Eglise de Rome et les patriarcats orientaux. L'Ukraine voudrait qu'il ait été le premier évangélisateur de Kiev et l'Ecosse l'a choisi comme patron national.

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